sábado, 20 de dezembro de 2025

Quand le faible est devenu le centre du monde?

 



Breitner Chaves

Il y a des personnages qui traversent l’histoire comme des comètes : ils brillent, disparaissent, et ne laissent derrière eux qu’une trace fugace. Et puis il y a ceux qui, silencieusement, déplacent l’axe moral d’une civilisation entière. Jésus appartient à cette seconde catégorie.

Indépendamment de la foi, ou de son absence, il est difficile de nier que peu de figures ont exercé une influence aussi profonde sur l’imaginaire moral de l’Occident. Il ne s’agit pas ici de dogmes ou de croyances religieuses, mais de quelque chose de plus fondamental : une transformation radicale de notre manière d’attribuer de la valeur à l’être humain.

Avant lui, le monde méditerranéen antique reposait sur une logique brutale. La force déterminait la valeur, l’honneur constituait la vertu suprême, et la vie des plus vulnérables, esclaves, pauvres, enfants abandonnés, étrangers, pesait peu sur le plan moral. La compassion envers les faibles, contrairement à ce que nous tenons aujourd’hui pour évident, était souvent perçue comme un défaut, voire comme une faiblesse indigne.

C’est dans ce contexte que le message de Jésus apparaît comme une rupture inattendue.

Il inverse la carte morale du monde romain en affirmant que chaque personne, indépendamment de son pouvoir, de son statut ou de son utilité sociale, possède une valeur intrinsèque. Le pauvre cesse d’être une ombre pour devenir un protagoniste. Le malade n’est plus une malédiction, mais une priorité. L’étranger n’est plus une menace, mais un proche. Cette inversion, simple dans sa formulation, mais dévastatrice pour les structures de l’époque, constitue le socle de ce que nous appelons aujourd’hui l’égalité, la dignité universelle et les droits humains.

Avec Jésus, le centre de gravité de l’éthique se déplace :
ce n’est plus le fort qui définit le bien, mais l’attention portée au vulnérable.
Ce n’est plus le héros conquérant qui incarne la grandeur, mais celui qui sert.
Ce n’est plus la logique de la domination, mais celle de la compassion.

De cette rupture naît quelque chose d’absolument inédit dans l’histoire des idées : l’individu acquiert une importance morale qui dépasse la famille, la tribu, la cité et l’empire. C’est là que commence ce que l’on peut appeler l’individualisme moral occidental, que des siècles plus tard reprendront des courants philosophiques, politiques, puis les démocraties modernes.

Les historiens peuvent débattre des nuances et des médiations, mais l’essentiel demeure : l’Occident moderne est impensable sans l’impact de cette révolution éthique initiée par Jésus. Les Lumières n’inventent pas la dignité, l’égalité ou la solidarité ; elles les sécularisent, en élargissant une matrice morale déjà en place. La critique, la science, les droits et les libertés sont des fruits tardifs d’un sol préparé bien en amont.

Ainsi, regarder le Jésus historique, ce n’est pas contempler un mythe religieux, mais observer l’étincelle qui a infléchi la trajectoire d’une civilisation entière, non par les armes, ni par des réformes juridiques, ni par des traités philosophiques complexes, mais par une éthique qui a silencieusement subverti l’ordre du monde.

Reste alors une question profondément contemporaine :


Que se passe-t-il lorsque nous oublions l’origine de notre propre 
sensibilité morale ?


Lorsque la dignité, l’égalité et le souci de l’autre sont traités comme des évidences naturelles, et non comme des conquêtes historiques fragiles ?


Lorsque la valeur du fragile cesse d’être un principe pour redevenir un dérangement?

Revisiter le Jésus historique n’est peut-être pas un acte religieux, mais un exercice philosophique : un rappel que les fondations de l’Occident, celui que nous revendiquons et défendons, ne reposent pas sur la force, mais sur une révolution morale qui a placé le vulnérable au centre de l’histoire humaine.

Et cette révolution, discrète et dérangeante, continue de nous interpeller.


quarta-feira, 19 de novembro de 2025

O Mistério de Davi: A pedra que transformou o mundo


Davide con testa di Golia
  (Caravaggio) 



                                                                 


Por Breitner Chaves, MD, PhD

Um pastor anônimo, sem espada, sem títulos e sem armadura, ousou enfrentar um gigante e tornou-se rei. Todos conhecem a história de Davi, mas poucos percebem que ela não é apenas um episódio do passado: é um arquétipo eterno da jornada humana, um espelho onde cada alma vê seus próprios abismos e sua própria luz.

Davi sabia-se pequeno, não no espírito, mas na carne. Sabia-se frágil, mas nunca permitiu que a fragilidade abafasse o sussurro do coração. Ele pressentia um chamado que o ultrapassava, um propósito que não se explicava pela lógica dos homens, mas pela linguagem secreta do sagrado. Entre ovelhas e longos silêncios, carregava uma chama discreta, quase tímida, mas indestrutível: a disposição de servir, mesmo sem compreender o caminho. Assim caminham os realmente grandes, o destino não se revela aos que se julgam fortes, mas aos que ousam escutar o silêncio profundo da alma.

Quanto a Golias, este nunca foi apenas um homem colossal. Ele é a sombra que cresce dentro de nós: o medo que paralisa, a ferida que sangra em silêncio, a voz que insiste: “Você não é capaz!”. Quantos gigantes habitam nossa memória, sondam nossa alma diariamente e exigem a nossa rendição? Enfrentar Golias é, antes de tudo, enfrentar a si mesmo. É encarar o trauma, o passado, a dúvida, e ainda assim afirmar, com calma e firmeza: “Eu não serei tua prisão.”

Davi não esperou a armadura perfeita nem o momento ideal. Retirou-se para dentro, alinhou o olhar ao seu centro, e com uma pedra e uma fé que não tremia, lançou-se ao impossível. Porque quando a alma se reencontra com seu eixo, o improvável se curva diante da convicção. Uma única pedra, bem lançada, pode alterar destinos; pode derrubar muralhas invisíveis; pode libertar o que parecia condenado. Afinal, não há vidro que resista à força de uma convicção pura.

A história de Davi não é apenas sobre vitória física. É sobre a alquimia interior que transforma medo em coragem, silêncio em palavra, fé em realidade. É o mistério do invisível que move o visível. É a certeza de que nenhuma estrutura , de pedra, de carne ou de pensamento,  resiste à força de uma convicção pura.

Davi fez o que podia com o que tinha.

E, ao fazer seu melhor, abriu uma fenda no real por onde a luz entrou. Porque às vezes, tudo o que o divino precisa para agir é de uma pedra pequena, de um coração disponível, e de uma coragem que se ajoelha antes de se levantar.


Sola Gratia

quinta-feira, 22 de fevereiro de 2024

Celui qui regarde à l'extérieur, rêve ; celui qui regarde à l'intérieur, s'éveille


Celui qui regarde à l'extérieur, rêve ; celui qui regarde à l'intérieur, s'éveille (Carl Jung)







Les enfants, dans leur pure innocence, ne s'identifient pas dans le miroir ; ils n'associent pas le "Moi" à l'image spéculaire qu'ils observent. Selon certaines perspectives, la folie humaine commence précisément au moment où nous commençons à nous identifier dans notre reflet. En associant notre "Moi" à une image reflétée, qui n'est qu'une fraction de la complexité de l'Être - excluant les organes non visibles, les processus physico-chimiques, les sensations, les perceptions, et l'immensité de notre vie intérieure - nous entamons un dangereux voyage vers l'aliénation de notre véritable essence.

Cette réflexion nous amène à questionner : Et quand le monde commence-t-il à déterminer ce que cette image reflétée devrait être ? Quel est l'impact sur l'Être, sur la perception du monde, sur les émotions ? Le monde moderne, avec ses réseaux sociaux et son bombardement incessant d'images et d'attentes, semble ne pas s'intéresser à l'être dans sa totalité. En manipulant l'idée que nous avons de nous-mêmes, basée sur des reflets partiels, il nous contrôle de manière étonnamment efficace. De là naît une profonde angoisse, issue de la déconnexion entre ce que nous sommes, sans pleine conscience, mais d'une certaine manière en ressentant, et ce que nous devrions être, ou quel type d'image nous devrions projeter.

La vie sur les réseaux sociaux se présente souvent comme un vaste désert existentiel, rempli de zombies spirituels qui, par-dessus tout, craignent de confronter la vérité sur ce qu'ils sont réellement ou deviennent. Ce scénario reflète un spectacle d'existences vides, où les images prévalent sur la substance.

Les jeunes, dans leur vulnérabilité, sont particulièrement susceptibles à cette distorsion, car on ne leur a pas enseigné que l'image dans le miroir ne les représente pas dans leur intégralité. Si la philosophie leur était enseignée, l'art de questionner et de réfléchir sur l'essence des choses, peut-être que les voix bruyantes qui façonnent leur image spéculaire n'étoufferaient pas tant leur perception du monde et d'eux-mêmes. Une éducation qui embrasse la philosophie comme outil de connaissance de soi pourrait servir de boussole, les guidant à travers les tempêtes d'images et d'attentes, vers un havre de sécurité d'authenticité et de liberté intérieure.

La véritable folie, donc, réside dans la croyance que nous sommes uniquement ce que nous voyons reflété, ignorant les profondeurs inexplorées de notre être. Reconnaître et embrasser cette complexité est un acte de courage, un premier pas vers la libération des chaînes invisibles qui nous lient à une existence superficielle. Ce n'est qu'en plongeant dans les eaux profondes de notre propre essence que nous pouvons commencer à entrevoir la véritable liberté, une liberté qui n'est pas définie par des images ou des attentes, mais par l'authenticité de notre être.

Quem olha para fora, sonha; quem olha para dentro, desperta


      
Quem olha para fora, sonha; quem olha para dentro, desperta (Carl Jung)

Por: Breitner Chaves, MD, PhD






            Crianças, em sua pura inocência, não se identificam no espelho; elas não associam o "Eu" à imagem especular que observam. Segundo algumas perspectivas, a loucura humana se inicia exatamente no momento em que passamos a nos identificar em nosso reflexo. Ao associar nosso "Eu" a uma imagem refletida, que é apenas uma fração da complexidade do Ser - excluindo órgãos não visíveis, processos físico-químicos, sensações, percepções, e a imensidão de nossa vida interior - iniciamos uma perigosa jornada rumo à alienação de nossa verdadeira essência.

            Esta reflexão nos leva a questionar: E quando o mundo passa a determinar o que essa imagem refletida deve aparentar? Qual o impacto disso no Ser, na percepção do mundo, nas emoções? O mundo moderno, com suas redes sociais e incessante bombardeio de imagens e expectativas, parece não se interessar pelo ser em sua totalidade. Manipulando a ideia que temos de nós mesmos, baseada em reflexos parciais, ele nos controla de forma surpreendentemente eficaz. Surge daí uma angústia profunda, nascida da desconexão entre o que somos, sem plena consciência, mas de alguma forma sentindo, e o que devemos ser, ou que tipo de imagem devemos projetar.

            A vida nas redes sociais, muitas vezes, apresenta-se como um vasto deserto existencial, repleto de zumbis espirituais que, acima de tudo, temem confrontar a verdade sobre o que realmente são ou estão se tornando. Este cenário reflete um espetáculo de existências vazias, onde as imagens prevalecem sobre a substância.

            Jovens, em sua vulnerabilidade, são particularmente suscetíveis a essa distorção, pois não lhes foi ensinado que a imagem no espelho não os representa em sua totalidade. Se a eles fosse ensinada a filosofia, a arte de questionar e refletir sobre a essência das coisas, talvez as vozes ruidosas que moldam sua imagem especular não sufocassem tanto sua percepção do mundo e de si mesmos. Uma educação que abrace a filosofia como ferramenta de autoconhecimento poderia servir de bússola, guiando-os através das tempestades de imagens e expectativas, em direção a um porto seguro de autenticidade e liberdade interior.

            A verdadeira loucura, portanto, reside na crença de que somos apenas o que vemos refletido
,incluindo em perfis da rede sociais ou avateres, ignorando as profundezas inexploradas de nosso ser. Reconhecer e abraçar essa complexidade é um ato de coragem, um primeiro passo para se libertar das correntes invisíveis que nos prendem a uma existência superficial. Somente ao mergulhar nas águas profundas de nossa própria essência podemos começar a vislumbrar a verdadeira liberdade, uma liberdade que não é definida por imagens ou expectativas, mas pela autenticidade de nosso ser.


quarta-feira, 31 de janeiro de 2024

O que é o presente?

 



( Imagem criada com IA, prompt de  Breitner Chaves)

Um amigo me perguntou o que seria o presente dado que somos energia em  transformação rumo a finitude do ser?

 

Eu disse, é verdade que somos energia e matéria condensados regidos por um pequeno código chamado DNA que regula e determina nosso processo biológico implacavelmente,ou seja,  o nascer, o crescer e o morrer. Prefiro, entretanto, pensar a vida como um rio. 

Assim, o presente nada é que um instante de um rio em movimento que invariavelmente vai se encontrar com o mar. Esse instante, o presente fugaz, pode ser tão alegre, elevar tanto nossa potência que frequentemente nos faz crer na maior de todas as ilusões, a felicidade. A ideia de felicidade vem do inconformismo inconsciente diante do fim de momentos de alegria, desejamos  eternizar aquele momento, mesmo criando uma  ilusão inalcançável.

Por outro lado, esse instante também pode ser triste, doloroso, e muitas vezes o é.  As aguas do rio fazem curvas afiadas e confrontam cachoeiras turbulentas.  A tristeza é rapidamente percebida e sentida. Alegria e tristeza. Esses dois afetos são inseparáveis do rio da vida.

A ansiedade muitas vezes vem do apego a  memória da alegria passada e do medo do instante seguinte ao presente. Afinal, quando sera a proxima curva? A depressão, por sua vez, pode se instalar profundamente quando não se percebe mais beleza nas águas nem  na orla desse rio. Que bom quando temos amigos que nos apontam pontos de beleza na jornada e que podemos compartilhar momentos efêmeros de alegria. Esses momentos nos abastecem de coragem para continuar à viver.

Heraclito disse muito bem:  "Nenhum homem pode banhar-se duas vezes no mesmo rio...pois na segunda vez o rio já não é o mesmo, nem tão pouco o homem!

Desejo que suas expectativas sejam apenas de se aceitar e que encontre a beleza de viver seu instante presente, com todas suas contradições.


Breitner Chaves 



domingo, 10 de dezembro de 2023

Le cœur sauvage

 






Prompt de Breitner Chaves (Dall-E)



Traduction libre du portugais au français de la chanson 'Coração Selvagem' de Belchior.

Mon amour, ma place est là où tu souhaites qu'elle soit.
Je ne convoite pas ce que la raison dicte, je désire ce que l'âme aspire.
Arc-en-ciel, ange insoumis, je convoite la corporalité.
Je suis empressé de vivre.
Mais lorsque tu m'aimeras,
Enlace-moi et baise-moi avec lenteur,
Afin que j'aie le temps, le temps de succomber à l'amour,
Le temps d'écouter la radio en voiture,
Le temps pour que ceux de l'autre quartier voient et sachent que je t'aime.
Mon amour, le monde entier se trouve sur cette route, juste là.
Prends un soda, savoure un hot-dog.
Oui, c'est déjà une nouvelle aventure.
Et mon cœur sauvage est pressé de vivre.
Mon amour, mais quand la vie nous maltraitera,
Nous implorerons l'aide du divin.
Nous dirons à la vie :
'La vie, avance lentement,
mon cœur, sois prudent, il est fragile.'
Mon cœur est tel un cristal, comme un baiser de roman.
Mon amour, tu pourrais peut-être comprendre ma solitude,
Ma sonorité, ma furie, et cette impatience de vivre,
Cette manière de toujours écarter la certitude,
Et de risquer encore une fois tout avec passion,
De prendre le chemin erroné pour la simple joie d'exister.
Mon amour, viens vivre avec moi,
affronter le danger, viens mourir avec moi.
Ma Chérie...Ma Chérie

quinta-feira, 7 de dezembro de 2023

Si vis vitam, para mortem


Thoughts for the Times on War and Death 
Sigmund Freud




Orignal: Prompt de Breitner Chaves. created by DALL-E


La mort est une chose naturelle, indiscutable et inévitable. Cependant, en réalité, nous nous comportons comme si c'était autrement. Nous montrons une inclinaison évidente à nous passer de la mort, à l'éliminer de la vie. Supporter la vie est, et sera toujours, le devoir premier de tous les êtres vivants. Nous nous souvenons de l'ancienne sentence "Si vis pacem, para bellum" (Si tu veux conserver la paix, prépare-toi à la guerre). Il serait actuel de le modifier ainsi : "Si vis vitam, para mortem" (Si tu veux supporter la vie, prépare-toi à la mort) (Freud, 1915b/1974, p. 339).